mardi, 23 août 2005

ANGOLA


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Le 16 Août 2005, le passage au poste frontière en Angola est source de complications. A la remise de nos passeports à l'officier, on parvient à comprendre quelques mots en portugais et on s'attend à une perte de temps. En effet, celui-ci demande la photocopie de tous les visas obtenus jusqu'à présent. Bien-sûr, nous ne sommes pas en mesure de lui apporter ces documents. Après de longues négociations, nous évitons, tout de même, à faire demi-tour en RDC. Un officier désigné, nous conduit, à l' aller comme au retour, au prochain grand village pour faire ces photocopies.
La frontière passée, je me dis que c'était la dernière difficulté du passage des frontières, la prochaine en Namibie ne nécessite pas de visa. Et je me sens soulagée.
La route est vraiment en mauvais état, asphalte délabré, nids de poule et on zigzague d'un côté à l'autre pour passer. Les ravages de cette longue guerre se font cruellement ressentir et privent la population de moyens de communication. Cependant, nous parvenons à faire 150 km mais Thomas, à bout de force, renonce à continuer et nous garons le camion en pleine brousse pour la nuit. Je comprends vite qu'il souffre d'un paludisme et je l'encourage à prendre immédiatement le traitement anti-paludéen. Tandis qu'il dort, je cherche, au hasard, dans la nuit, de l'aide. A quelques centaines de mètres du camion, je tombe sur un petit village (Pelé) de 17 habitants. Je me fais comprendre comme je peux, avec des signes, demandant de l'eau pour me laver.
Après une douche vivifiante en plein air, je partage
un "fofo" (une sorte de tô) avec les villageois. Même avec la barrière de la langue, nous parvenons à communiquer. Je passe une douce soirée.
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Le lendemain matin, Thomas va un peu mieux et après un petit-déjeuner (oranges cueillies à l'arbre), je préfère rejoindre la première ville pour qu'il puisse être soigné.
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Nous arrivons à Tomboco, à la mission catholique où nous sommes reçus par des prêtres et des bénévoles portugaises. Nous passons une soirée chaleureuse où nous dégustons de la morue. Un peu plus, je me croirais au Portugal....
Je continue seule le voyage.
En fin d'après-midi, je trouve, au bord de la route, une camionnette chargée de bananes qui m'emmène jusqu'à N'ziéto à 80 km de là. Le voyage est périlleux... En pleine nuit, en zone complètement isolée, les phares s'éteignent et nous continuons à rouler dans la nuit noire, sans parvenir à les réparer. Heureusement, que ce soir là, c'est la pleine lune.... et elle nous est bien utile (merci à elle). A 1h du matin, j'arrive enfin à la mission catholique où je suis accueillie par un séminariste péruvien et un prêtre bolivien (vive les différences de nationalités). Ce fût la délivrance...
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Le lendemain, j'apprends que des soeurs missionnaires rejoignent Luanda en 4x4 et je me propose de les accompagner. Pour une fois, le trajet se fait rapidement, 300 km en 6h sauf qu'elles me déposent à 15 km de ma destination. Je me sens désemparée, ne sachant pas où je suis, ni parlant un mot de portugais. Assise sur mon sac à dos, au bord de la nationale, j'attends sans savoir quoi... Tout se bouscule dans ma tête. Il est de ces moments où je puise au plus profond de moi la force nécessaire pour continuer...
Des véhicules me klaxonnent, les conducteurs me font signe et au bout d'une heure, je me décide à monter dans un mini-bus vide dont le chauffeur m'inspire confiance. Je ne comprends rien de ce qu'il me dit mais je lui explique que je désire trouver une mission catholique. Il roule un long moment et nous entrons à Luanda, grande ville où les embouteillages, comme dans toutes les capitales, sont incessants. Je me sens un peu inquiète mais je m'en remets au destin, me disant que jusqu'à présent il m'avait bien guidée. Effectivement, le conducteur, le sourire aux lèvres me dépose devant une communauté de soeurs contemplatives italiennes. Il m'aide, même, à prendre mes bagages, on s'embrasse comme des amis sans connaitre nos prénoms mais je me souviendrai de lui.
La communauté, très vivante, me fait vivre une belle soirée et tout d'un coup, mes soucis du moment cessent d'exister. J'essaie de vivre l'instant présent en sachant parfaitement que demain, les galères continueront (normal pour un tel périple.....)

A Luanda, les banques n'acceptent pas mes 2 cartes bleues (visa et mastercard). Je me débrouille, alors, avec le peu de ce qu'il me reste jusqu'en Namibie. Je dois aller vite mais il reste, encore, de nombreux kilomètres à parcourir avant la frontière.
En milieu de matinée, à 10h je prends une place avant dans un mini-bus et le chauffeur me confirme que le départ est proche.... Je patiente des minutes, une heure, des heures........et nous partons, finalement, à 14h....
Je suis énervée et inquiète de savoir à quelle heure, nous arriverons à destination mais je n'ai pas le pouvoir de changer la situation alors j'essaie, tant bien que mal, de l'accepter.....
Le paysage est superbe, nous longeons le long du littoral et ça m'aide à retrouver le sourire.
Benguela est à 620 km, la route est acceptable (je suis habituée à pire), et nous arrivons à 1h du matin. La galère est de trouver un logement. Le chauffeur me conduit chez les soeurs dominicaines mais je me sens gênée de les réveiller. Elles m'accueillent et m'offrent l'hospitalité.
Après une courte nuit, je repars et à 6h du matin, j'attends déjà, à la gare routière, le 1er bus. Cette fois-ci, je prends mes dispositions pour être sure de partir dans la matinée.
Je bois un café et j'attends "patiemment"... Ce n'est qu'à 10h30 mn, le bus complet, que nous nous dirigeons vers Lubango à 400 km. A peine 1h de trajet, et nous subissons déjà une crevaison. Je me dis que je suis pas arrivée....
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Paysages superbes et grandioses, typiques de l'afrique australe.
Les passagers du bus sont vraiment sympas, ils me font rire et nous essayons de communiquer comme nous pouvons. Je garde un doux souvenir de ce trajet.
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Arrivée tard dans la nuit, je n'ose pas déranger la mission et le conducteur me propose de dormir dans le bus.
Nuit fraiche et inconfortable.
Sta Clara, à 470 km, dernière étape avant la frontière de la Namibie.
J'admire sans fin, les paysages qui défilent, ils sont d'une beauté indicible. Moment magique.... Voyage trés agréable avec de la musique Kizomba (j'adore). Avec mon voisin, Jean-Pierre, un congolais, nous parlons beaucoup et le voyage se passe comme un éclair.....dommage....
Pour ma dernière nuit en Angola, je la passe chez les soeurs, dans un endroit splendide au milieu des terres arides.
Le passage à la frontière se fait sans problème, avec une facilité déconcertante...